COURRIER DES LECTEURS : « Saïx, programme de végétalisation »
Interview fictive par Giuseppe Parizzi.
GP – Mr le Maire, je vous remercie de m’accueillir pour parler de votre grand programme de végétalisation.
– Grrr.
– Le mot ne vous plaît pas ?
– Je préfère parler d’amélioration visuelle du cadre de vie, c’est moins connoté politiquement parlant.
– C’est vrai que dans la liste qui s’est opposée à vous lors des dernières municipales, il y avait des activistes environnementaux et vous n’avez pas semblé apprécier cette opposition au point de les stigmatiser en les traitant d’écoterroristes.
– J’assume, notre commune a été la cible de destructions notamment lors des manifestations contre l’A69.
– On peut néanmoins avoir des convictions sans pour autant être un casseur, heureusement que les milliers de personnes présentes lors de ces manifestations ne sont pas toutes des blacks blocks.
– C’est du pareil ou même !
– Vous avez donc des preuves de liens entre les dégradations commises et certains des colistiers adverses ?
– Grrr.
– Cela ne vous a donc pas dérangé de faire une campagne, pardonnez le terme, « calomnieuse » ?
– Grrr ! En politique la fin justifie les moyens, et puis c’est le résultat qui compte ! « La démocratie ça va bien tout les 6 ans » les saixols m’ont élu. Point. D’ailleurs nous sommes là pour parler de mon grand projet de petites plantations.
– Tout à fait, même si certains y voient une forme de green-washing.
– Vous avez des exemples ?
– L’aménagement d’un îlot urbain relativement minéralisé, peut-on parler réellement de végétalisation ? Le non renouvellement des arbres sur la place du rivet, les tailles drastiques en vert , c’est du passé ?
– Comme je vous l’ai déjà dit, je préfère parler d’amélioration visuelle du cadre de vie. Le reste viendra en temps voulu, comme dit l’adage politique sud tarnais, « d’ici deux ans ».
Mais vous devez comprendre que les arbres ça tombe des feuilles et à Saïx on a horreur des feuilles mortes.
– En effet, j’ai ouïe dire. Mais revenons aux aménagements, vous avez donc disposé des jardinières dans le centre du village.
– Oui nos équipes municipales ont bien exécutées nos directives et tout le monde se félicite de cette amélioration.
– Vraiment tout le monde ?
– Oui !
– Nous avons pourtant eu des échos comme quoi leurs emplacements n’auraient pas vraiment été réfléchis. Certains véhicules auraient mal négocié un virage et auraient endommagé leur véhicule contre ces jardinières en béton.
– Elles sont disposées sur les trottoirs, et les trottoirs ne sont pas faits pour les véhicules.
– C’est en effet un ce qui est reproché à certaines de ces jardinières, notamment rue de Viviers où la largeur entre les jardinières et les façades n’excèdent pas les 60 centimètres.
– Et alors ?
– Alors un fauteuil roulant à besoin de davantage pour circuler.
– Grrr.
– Devant le bureau de tabac, l’espace public a été privatisé et délimité par ces jardinières.
– Oui et bien ?
– Eh bien une jardinière empêche les piétons de pouvoir monter en se tenant à la main courante. Vous avez pourtant une population vieillissante qui peut avoir besoin de se tenir.
– grrr grrr grrr !
– Je vois à la veine sur votre tempe qu’il est peut être nécessaire de mettre un terme à cette interview ?
– Grrrrr !
-Et bien merci Mr le Maire pour cette végétali, oups pardon, pour cette amélioration du cadre de vie.
Par Giuseppe Parizzi.


