SERMON DU SAMEDI MATIN

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MES FRÈRES, MES SŒURS, MES COMPATRIOTES DU TARN : DEMAIN, ON MARCHE.

Mes frères.

Mes sœurs.

Mes voisins qui ont encore le prospectus de la dernière réunion publique coincé sous l’aimant du frigo.

Demain matin, à 10 heures, il va falloir faire quelque chose d’extrêmement radical : SORTIR DE CHEZ SOI.

Pas besoin de bloquer une autoroute.

Pas besoin de grimper à un arbre.

Pas besoin de se transformer en militant professionnel avec badge autour du cou et tote-bag « fin du monde mais en coton bio ».

Il suffit de venir marcher.

Parce qu’il paraît que le climat est devenu un sujet compliqué.

Très compliqué.

Tellement compliqué qu’il faut surtout ne rien faire trop vite.

Attendre les études.

Attendre les commissions.

Attendre les arbitrages.

Attendre les financements.

Attendre la prochaine mandature.

Attendre que quelqu’un d’autre commence.

Et surtout, attendre que la planète se calme un peu.

La planète, elle, malheureusement, n’a pas reçu le mémo.

Alors demain, à Castres, on marchera.

Pour le climat.

Pour le vivant.

Pour nos enfants.

Pour l’eau.

Pour les sols.

Pour les forêts.

Et aussi, soyons honnêtes, pour rappeler qu’un territoire n’est pas uniquement une succession de ronds-points, de parkings, de zones commerciales et de panneaux « attention travaux ».

Car il existe une vieille tradition politique locale :

Quand un problème devient urgent, on crée un comité.

Quand il devient très urgent, on lance une concertation.

Quand il devient vraiment très urgent, on annonce un plan.

Et quand il est trop tard : on inaugure une plaque.

Alors demain, faisons quelque chose de révolutionnaire.

Marchons.

À pied.

Avec nos jambes.

Ces deux machins qui, rappelons-le, fonctionnent encore sans abonnement, sans borne de recharge et sans application.

Et si quelqu’un vous demande :

— « Mais ça va changer quoi, votre petite marche à Castres ? »

Répondez simplement :

— « Je ne sais pas. Mais rester chez moi ne changera absolument rien non plus. »

Voilà.

C’est peut-être ça, finalement, la seule véritable urgence : ne pas laisser l’avenir devenir une affaire de spectateurs.

Alors demain matin, 10 heures.

On prend une paire de chaussures.

On prend les enfants.

On prend les copains.

On prend éventuellement le vieux voisin qui râle contre les écolos depuis 1987 – il a droit à l’oxygène lui aussi.

Et surtout : ON MARCHE.

Parce qu’à force de dire que la transition commence demain… demain finit toujours par arriver.

Rendez-vous demain à 10 h à Castres, Place Soult (tant qu’elle s’appelle encore Place Soult).

Et pour une fois, faisons mentir ceux qui disent que dans le Tarn, quand il faut avancer, on préfère généralement attendre que quelqu’un construise d’abord la route.

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