A69 : À PUYLAURENS, LA CENTRALE À ENROBÉS POLLUE, OUI, MAIS DÉSORMAIS DANS LES LIMITES AUTORISÉES

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Une excellente nouvelle donc

PUYLAURENS – C’est officiel : nous pouvons tous recommencer à respirer. Mais pas forcément encore à pleins poumons, si on était vous.

La centrale à enrobés de Puylaurens est de nouveau conforme.

Après quelques « petits » écarts réglementaires, plusieurs contrôles, quelques résultats au-dessus des seuils et une mise en demeure préfectorale, l’installation qui fabrique l’enrobé de l’A69 est finalement rentrée dans les clous.

Le préfet a donc levé la mise en demeure.

Tout va bien.

Enfin, tout va bien aujourd’hui.

Parce qu’hier, c’était un peu moins bien.

Et demain, franchement, qui sait ?

—

Une centrale qui découvre régulièrement les joies de la conformité

Petit rappel des épisodes précédents.

Les contrôles avaient relevé des dépassements des seuils réglementaires concernant notamment les COV CMR, c’est-à-dire des composés organiques volatils présentant des propriétés cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques.

Les concentrations relevées avaient notamment atteint 2,80 mg/Nm³ en novembre 2025, pour une limite de 2 mg/Nm³, puis 3,41 mg/Nm³ en avril 2026, avant de grimper à 5,71 mg/Nm³ en juin, toujours pour une limite de 2 mg/Nm³.

Le monoxyde de carbone avait également dépassé sa valeur limite.

Ce qui avait conduit l’État à mettre Atosca en demeure de revenir à la conformité.

Et aujourd’hui ?

Conforme.

Champagne.

Enfin, pas trop : la centrale doit s’arrêter le 9 octobre.

Il ne faudrait quand même pas qu’elle prenne goût à la conformité.

—

Le nouveau concept : la pollution réglementaire

Il faut reconnaître une chose à l’administration.

Elle vient d’inventer une approche particulièrement moderne de la protection de l’environnement.

On ne demande plus nécessairement à une installation d’être irréprochable.

On lui demande d’être conforme au moment où quelqu’un regarde.

C’est beaucoup plus souple.

Quelques dépassements ?

Réglage.

Nouveau contrôle ?

Conforme.

Mise en demeure ?

Levée.

Tout le monde est content.

La centrale peut donc continuer à fabriquer l’autoroute qui permettra à tout le monde de rouler plus vite.

—

La centrale provisoire doit cesser son activité le 9 octobre, avant son démontage.

C’est ce qu’on appelle probablement, dans les grands instituts scientifiques, la méthode du problème qui disparaît avec le bâtiment.

Félicitations, donc.

Félicitations à Atosca.

Félicitations à la préfecture.

Félicitations aux contrôleurs.

Félicitations aux normes.

Et surtout, félicitations aux molécules qui ont réussi, pour les derniers contrôles, à rester juste en dessous de la ligne rouge.

Elles auront été raisonnables.

Parce qu’il faut bien le reconnaître : une centrale à enrobés qui respecte les normes d’émission, c’est exactement ce qu’on lui demande.

Ni plus ni moins.

Et c’est précisément là que se trouve toute la beauté de cette histoire.

Après avoir découvert plusieurs fois que les seuils pouvaient être dépassés, nous pouvons désormais nous réjouir de constater que, certains jours, ils ne le sont pas.

La centrale est donc conforme.

Elle pollue normalement.

Elle respecte la réglementation.

Elle fabrique tranquillement les enrobés de l’autoroute.

Et dans quelques semaines, elle disparaîtra.

Tout est bien qui finit bien.

Enfin… sauf si quelqu’un a la mauvaise idée de refaire un contrôle demain.

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