Après 29 ans de combat, Guy Bousquet passe le relais. L’A69 n’est pas encore ouverte qu’elle est déjà, pour son plus fidèle militant, une victoire historique. Une manière élégante de quitter la scène juste avant de découvrir si le grand soir économique promis arrive réellement.
Il aura donc fallu 29 ans.
29 ans à défendre l’autoroute Castres-Toulouse, à expliquer qu’elle allait désenclaver le Tarn, attirer les entreprises, retenir la jeunesse, développer l’emploi, maintenir les services publics et, accessoirement, faire fleurir de nouvelles activités.
Et maintenant que le bitume approche de sa ligne d’arrivée, Guy Bousquet s’en va.
« Fier du travail accompli », dit-il.
On le comprend.
Il est toujours plus confortable de célébrer une victoire avant de recevoir les résultats du match.
Car le véritable intérêt de cette histoire commencera précisément lorsque les inaugurations seront terminées, que les élus auront posé avec les ciseaux et que les derniers panneaux « chantier » auront disparu.
Il faudra alors regarder les chiffres.
Le trafic réel.
Les retombées économiques réelles.
Les emplois réellement créés.
Les entreprises réellement implantées.
Et surtout, un jour, le bilan financier réel.
Parce qu’une autoroute à péage, ce n’est pas seulement une belle ligne noire sur une carte et des promesses de prospérité. C’est aussi une concession, un modèle économique, des recettes de péage et, derrière tout cela, un risque financier que quelqu’un devra bien assumer si les prévisions se révèlent trop optimistes.
Mais Guy Bousquet, lui, aura déjà passé le relais.
C’est là toute la beauté du timing.
Après avoir consacré près de trois décennies à expliquer pourquoi l’A69 était indispensable, il pourra désormais regarder l’autoroute fonctionner depuis les tribunes.
Un peu comme un certain Nigel Farage : beaucoup de combats, beaucoup de certitudes, une immense victoire politique proclamée au moment opportun… et la possibilité de laisser à d’autres le soin de gérer les conséquences concrètes.
Farage avait lui aussi eu l’idée de se retirer de la politique avant de devoir expliquer comment son pays allait fonctionner une fois le BREXIT obtenu.
Guy Bousquet, lui, nous laisse l’A69.
Et quelle belle victoire territoriale, paraît-il.
Une victoire qui aura nécessité des années de procédures, des investissements colossaux, une étrange synergie dans la mobilisation politique et privée, une contestation sociale et environnementale historique, des affrontements parfois violents…
Et même une condamnation correctionnelle en première instance pour une action d’intimidation contre des opposants à l’A69, condamnation dont la procédure d’appel est toujours en cours.
Une petite tache sur le palmarès du champion du développement économique, mais manifestement pas assez grosse pour empêcher la médaille d’être décernée.
Car dans le récit de Via 81, tout est déjà écrit : l’A69 a gagné. Le Tarn va gagner. L’économie va gagner. La jeunesse va gagner.
Il ne reste plus qu’à attendre les gagnants.
Et surtout, à attendre la facture.
Parce que si, dans quelques années, le trafic est inférieur aux prévisions, que les recettes ne sont pas au rendez-vous et que les collectivités doivent mettre la main à la poche pour soutenir un projet devenu trop lourd à porter, il faudra bien se souvenir d’une chose :
les promoteurs de la victoire auront peut-être déjà quitté la tribune.
Guy Bousquet, lui, pourra toujours dire qu’il avait passé le relais.
Le bitume restera. Les péages aussi. Et la facture, elle, aura probablement une mémoire beaucoup plus longue que les discours inauguraux.
Alors… Restons en contact, surtout, chers amis de VIA 81. Ne quittez pas tous le navire avant l’heure des bilans, d’accord ?
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* article 200% satirique, tout est faux, naturellement


