L’information nous est parvenue par des canaux extrêmement sérieux, soit un PDF mal scanné circulant actuellement parmi plusieurs permanences politiques castraises.
Selon ce document venu du futur, les différentes forces politiques locales auraient pris une décision historique : envoyer un T-1000 dans le Tarn afin d’empêcher Sahel Beriouni-Poitevineau de conquérir politiquement l’Occitanie d’ici 2057.
La décision aurait été prise à l’issue d’un sommet exceptionnel réunissant des cadres du RN, plusieurs membres de la gauche anti-Sahel, des élus centristes, des socialistes dissidents ainsi qu’un représentant de la droite locale qui aurait demandé à rester anonyme “par prudence temporelle”.
Tous partageraient désormais le même constat :
“Les méthodes conventionnelles ont échoué.”
Communiqués incendiaires, sous-entendus lourds, attaques en conseil municipal, tirs croisés médiatiques, soupirs républicains, refus de droit de réponse, analyses Facebook de 400 commentaires. Rien n’aurait permis de neutraliser politiquement le jeune élu.
“À chaque attaque, il semble gagner 3 points d’endurance”, résume un document attribué au futur état-major antisocial.
C’est dans ce contexte qu’aurait émergé la figure de John Bardoula, mystérieux chef de la Résistance antisociale de 2057.
Dans son carnet, récupéré selon plusieurs sources au fond d’un congélateur derrière une permanence politique, celui-ci décrit un futur apocalyptique où Sahel Beriouni-Poitevineau serait devenu “Président de la Communauté d’agglomération, maître des commissions stratégiques et détenteur de la clé des salles municipales.”
Le document évoque également “la chute de Labruguière”, “les accords de Mazamet” et surtout “la grande bataille de l’avenue Charles-de-Gaulle”.
Face à cette menace, la coalition aurait décidé en dernier recours l’envoi d’un T-1000 politique capable de prendre l’apparence d’un éditorialiste local, infiltrer des groupes Facebook, rédiger des tribunes d’indignation et demander des “clarifications nécessaires” avec une précision mécanique terrifiante.
Selon plusieurs témoins, le robot aurait déjà été aperçu à Castres.
Toujours impeccablement coiffé. Toujours légèrement crispé. Avec des reflets métalliques.
Demandant calmement : “Mais concrètement… comment peut-il être à Pau ET à Castres ?”
Le problème est que, là encore, la mission semblerait mal engagée.
Le T-1000 aurait tenté l’attaque médiatique, le pilonnage institutionnel, la guerre d’usure municipale ainsi qu’une opération psychologique dite “du fauteuil vide”.
Sans succès notable.
Pire : plusieurs membres de la coalition commenceraient désormais à craindre un phénomène encore plus grave.
Sahel Beriouni-Poitevineau aurait parfaitement conscience d’être traqué depuis le futur.
Et considérerait cela comme “une semaine municipale assez classique.”
D’après le carnet de John Bardoula, cette capacité à absorber des niveaux absurdes d’hostilité politique constitue précisément ce qui rendrait le sujet “extrêmement dangereux”.
Excédé, Guillaume Arcese aurait enfin proposé lors de la dernière réunion secrète avec LFI : « sinon, je lui propose un combat à mains nues, à la sortie d’un conseil municipal ? Vous en pensez quoi ? »
Un air de déjà vu dans cette boucle temporelle…
— par l’agent spécial temporel Kyle R., futur reporter au Cyborg Enchaîné.

