HECATOMBE DANS LA PISCICULTURE TARNAISE – La truite aussi avait prévu de s’adapter

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TARN. Après les cultures qui grillent, les rivières qui chauffent, les poissons qui suffoquent et les retenues qui commencent à compter leurs mètres cubes, voici donc la dernière innovation climatique tarnaise : la pisciculture tropicale.

À Jaladieu, même en altitude, plus de 200 000 poissons sont morts cet été. Des truitelles, des reproducteurs, des poissons élevés dans une eau fraîche et oxygénée – exactement le genre d’animaux qui apprécient moyennement les canicules à répétition.

Alors on a installé des aérateurs, bricolé des canalisations, commandé une pompe. Il faut désormais surveiller tout cela jour et nuit.

Parce qu’apparemment, même les truites ont compris avant nous que l’eau du futur allait être chaude, rare et compliquée à trouver.

Et pendant ce temps, le département continue tranquillement son grand programme d’adaptation : on attend que chaque activité explique comment elle va survivre au climat de demain avec les recettes et les infrastructures d’hier.

Plus de 200 000 poissons morts, ce n’est évidemment pas une preuve à lui seul du changement climatique.

Mais quand, la même année, les sols sèchent, les rivières chauffent, les cyanobactéries prolifèrent, les arbres tombent sous les orages et les piscicultures suffoquent, le tableau de bord commence quand même à afficher beaucoup de voyants rouges.

La truite, elle, n’a manifestement pas reçu le mémo sur la résilience.

Elle est morte avant.

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