TARN – Cyberattaque, affectations perdues, AESH dans le flou : l’Éducation nationale revient aux années 2000

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Ce qui, de l’avis de certains, est encore un peu timoré, puisque la mairie RN castraise est quant à elle revenue aux années 1980, le temps d’une soirée concert.

Éducation nationale.

Serveurs piratés, affectations découvertes à la dernière minute, contractuels qui attendent encore de savoir s’ils ont un travail, AESH toujours dans le brouillard, élèves mystérieusement devenus « inconnus » dans leur propre établissement et inquiétudes sur les prochaines paies : dans le Tarn, la rentrée 2026 aura permis de tester grandeur nature un concept révolutionnaire.

L’administration sans ordinateur.

Ou, pour être plus précis : l’administration comme avant.

Avec une petite différence.
Avant, on avait prévu le coup.

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« On a fait les inscriptions à la main »

Pendant quelques jours, des établissements tarnais ont découvert les joies oubliées du papier.

Des listes.
Des coups de téléphone.
Des tableaux.
Des inventaires.
Des mails envoyés depuis des adresses de secours.

Des personnels qui appellent d’autres personnels pour savoir qui doit appeler quelqu’un d’autre.

Bref : le numérique était en panne, mais la bureaucratie fonctionnait toujours.

Et même plutôt bien.
À sa manière.

Des enfants sont arrivés dans des écoles sans que leur affectation ait été correctement signalée.
Des enseignants ont découvert leur lieu de travail la veille de la rentrée.
Des contractuels attendaient encore de savoir où ils allaient travailler.
Des AESH attendaient.
Des assistants d’éducation attendaient.
Des titulaires remplaçants attendaient.

Et quelque part, probablement, quelqu’un attendait encore qu’un fichier Excel soit envoyé par quelqu’un qui ne savait plus à qui il fallait l’envoyer.

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Le retour aux sources

Dans les établissements, on a donc ressorti les méthodes anciennes.

Le papier.
Le téléphone.
Le stylo.
La débrouillardise.
L’improvisation.

Le fameux système D, cette merveille française qui permet régulièrement à l’État de fonctionner malgré l’absence de plan B.

À la FSU, on explique que le système des remplacements oblige désormais les secrétariats à refaire manuellement l’inventaire des postes et à appeler les remplaçants.

Autrement dit : le logiciel est tombé, alors les humains ont été réactivés.

Une expérience fascinante.
On murmure même que certains personnels auraient découvert qu’ils possédaient encore un numéro de téléphone fixe.

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Et pendant ce temps, les AESH attendent

Mais derrière la plaisanterie, il y a quand même un petit problème.

Quand on ne sait pas où l’on travaille, on ne sait pas quand on travaille.
Quand on ne sait pas quand on travaille, on ne sait pas combien on va gagner.

Et quand on est contractuel, AESH ou assistant d’éducation, ce n’est pas exactement le genre de situation dans laquelle on peut se permettre de philosopher sur les vertus du retour à l’artisanat administratif.

Les syndicats s’inquiètent également des paies de septembre.

Les salaires d’août sont arrivés.
C’est déjà ça.

Pour septembre, en revanche, il faudra voir.

Une belle manière de commencer l’année scolaire avec cette petite activité pédagogique :

« Devinez si vous serez payé à la fin du mois. »

—

Le ministère cherche son plan B

À l’Éducation nationale, on cherche actuellement un plan B.

Le rectorat assure que trois priorités sont à l’œuvre :

Payer les salaires de septembre (ah ah) ;
Sécuriser les dernières affectations ;
Organiser les remplacements des examens.

Une stratégie parfaitement raisonnable.
Mais un peu triste.

Parce qu’à Castres, le plan B était déjà prêt.

Il s’appelle Laurent Wolf.
Avec Plastic Bertrand.
Richard Sanderson.
Des lumières.
Une scène.

Et suffisamment de décibels pour couvrir, pendant quelques heures, le bruit des serveurs qui toussent.

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Une idée pour le ministère

Le Sidobre Enchaîné se permet donc une proposition.

Puisque l’Éducation nationale ne sait plus qui est affecté où, qui travaille où et qui doit être payé combien, autant aller jusqu’au bout de la logique.

Organisons un grand CONCERT NATIONAL DE L’AFFECTATION

Chaque enseignant tire son poste au sort dans une urne.
Chaque AESH reçoit son établissement en fonction de la chanson jouée.

Les contractuels découvrent leur contrat sur écran géant.
Les remplaçants sont envoyés dans la salle où le public crie le plus fort.

Et pour les salaires de septembre, un grand lâcher de confettis.

Si votre fiche de paie tombe avec les confettis, vous êtes payé.
Sinon, rendez-vous au prochain concert.

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Et pour ceux qui se demandent pourquoi tout cela arrive

La réponse est évidemment très complexe.

Il faut parler de cybersécurité.
D’infrastructures.
De moyens.
De dépendance au numérique.
De plans de continuité.

De personnels.
De procédures.
De sous-investissement.
De précarité.
De coordination.
De résilience.

Bref, énormément de choses sérieuses.

Et c’est probablement pour cela qu’il est préférable de ne pas trop en parler.

Finalement, cette rentrée aura enseigné une belle leçon à tout le monde.

On peut perdre les serveurs.
On peut perdre les affectations.
On peut perdre les fichiers.
On peut même perdre temporairement la trace de certains élèves.

Mais il existe une chose que l’administration française ne perd jamais.

Le sens des priorités.

Et si tout va mal… on peut encore monter le son.

Le Sidobre Enchaîné – Parce qu’entre deux crises, il faut bien laisser la musique jouer.

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