CASTRES. Le Planning familial ? Mais enfin, à quoi ça sert ?

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Après le concert de rentrée, il fallait bien revenir aux choses sérieuses.

Parce qu’une mairie, ça doit avoir des priorités.

Et manifestement, à Castres, les priorités ont parlé.

Le Planning familial du Tarn vient d’apprendre que la participation municipale au ProDAS, programme mené dans les écoles Louis-David et Laden, passerait de 1 000 à 300 euros.

700 euros d’économies.

Sept cents.

De quoi sauver la République municipale.

Le ProDAS, pour les gens qui auraient l’idée saugrenue de vouloir savoir ce qu’il fait, travaille avec les enfants sur des choses absolument extravagantes :

Mettre des mots sur leurs émotions ;

Ecouter les autres ;

Gérer les conflits ;

Comprendre les relations avec autrui ;

Prévenir les violences et les discriminations.

Bref, tout ce qu’on pourrait naïvement considérer comme utile lorsqu’on met plusieurs centaines d’enfants dans une école pendant une journée.

Mais il faut comprendre.

Quand on annonce des économies, il faut faire des choix.

Et certains programmes sont manifestement plus faciles à couper que d’autres.

Alors, le Planning familial, à quoi ça sert ?

À apprendre à un enfant que lorsqu’il est en colère, il peut parler plutôt que cogner.

À lui apprendre qu’un autre enfant peut penser différemment de lui sans devenir immédiatement son ennemi.

À mettre des mots sur ce qu’il ressent avant que quelqu’un d’autre ne lui fournisse les mots à sa place.

À apprendre qu’une relation n’est pas un rapport de force.

À prévenir certaines violences avant d’avoir besoin d’une caméra pour les constater.

À expliquer que le respect n’est pas seulement un mot imprimé sur une affiche municipale.

Et, surtout, à faire tout cela avant que les problèmes ne deviennent des problèmes de police, de justice, de santé ou de société.

C’est ce qu’on appelle, dans certains endroits, de la prévention.

À Castres, elle coûte désormais 700 euros de trop.

Alors oui : il faut faire des économies.

Mais il est toujours intéressant de regarder ce que l’on choisit de considérer comme une dépense superflue.

Parce qu’une subvention de 1 000 euros, ça peut sembler dérisoire.

Jusqu’au jour où l’on découvre qu’elle permet à des adultes d’intervenir auprès d’enfants sur les violences, les conflits et les relations aux autres.

À ce moment-là, les 700 euros prennent soudain une autre dimension.

Ce n’est plus seulement une ligne budgétaire.

C’est une question de priorité.

Et après tout, chacun ses priorités.

Il y a ceux qui pensent qu’il vaut mieux apprendre aux enfants à gérer leurs conflits.

Et puis il y a ceux qui préfèrent attendre de voir qui gagnera le conflit.

A présent, on sait que certaines personnes, au RN castrais, aiment danser sur les flammes des incendies qu’ils n’aiment pas prévenir.

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