CASTRES – LE GRAND CROSSOVER DE LA RENTRÉE POLITIQUE : ILS SONT TOUS PRÊTS À REPRENDRE LE COMBAT

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Politique locale. La rentrée approche. Les cartables sont neufs, les dossiers sont empilés, les téléphones sont chargés et, dans les couloirs de la politique castraise, chacun fourbit ses armes.

Cette année encore, ils seront nombreux à reprendre le chemin du conseil municipal.

Mais pas question d’arriver les mains vides.

Le Sidobre Enchaîné est allé observer les préparatifs des principales têtes de série.

Et, manifestement, personne n’a prévu de passer une rentrée normale.

—

FLORIAN AZEMA : LE MAIRE A TOUT RÉCUPÉRÉ. SANS VERGOGNE. MÊME L’ENNUI.

Dans son bureau, Florian Azema est déjà prêt.

Il a préparé plusieurs dossiers.

« Hommage historique ».

« Grande tradition castraise ».

« Idée innovante déjà proposée avant moi ».

« Communication de rentrée ».

« Communication de rentrée de la communication de rentrée ».

Le maire a également fait installer un immense tableau blanc.

Sur lequel figure une seule question :

« Qu’est-ce c’est d’être VRAIMENT castrais ? »

Après plusieurs minutes de réflexion, il a entouré le mot « patrimoine ».

Puis « sécurité ».

Puis « blason ».

Puis il a regardé par la fenêtre.

Silence.

Le maire est pourtant partout.

À chaque cérémonie.

À chaque photo.

À chaque symbole.

À chaque occasion de rappeler que quelque chose existe à Castres.

Il a même envisagé de récupérer la rentrée scolaire.

Alors il a fait un concert de rentrée. Avec l’argent des rénovations de l’Ecole du Centre. Et alors ?

Florian Azema a entrepris une nouvelle mission : récupérer quelque chose que personne n’a encore pensé à récupérer.

À 16 h 19, il a demandé quand était le prochain conseil municipal.

À 16 h 20, on lui a répondu : « Dans quelques jours. »

Il a souri.

Enfin une activité.

—

GUILLAUME ARCESE : LE MIROIR AVAIT PRÉVENU

Guillaume Arcese, lui, prépare sa rentrée d’une manière différente.

Il ne regarde plus seulement son agenda.

Il regarde son miroir.

Et, dans le miroir, il voit quelqu’un.

Quelqu’un qui lui ressemble.

Mais qui semble beaucoup plus serein.

Il s’approche.

Le reflet lui dit : « Tu vois ? »

Guillaume fronce les sourcils.

« Quoi ? »

Le reflet répond : « J’avais raison. »

Silence.

Depuis quelque temps, certains dossiers autour de la SPL des Eaux de Castres-Burlats commencent en effet à alimenter les interrogations et les discussions publiques.

Guillaume ne dit rien.

Le miroir, lui, dit beaucoup de choses.

Il sort alors son ancien classeur.

Sur la couverture :

« DOSSIERS QU’ON M’AVAIT DIT DE LAISSER TRANQUILLES »

À l’intérieur :

Trois interpellations ;

Deux questions ;

Quatre réponses qu’il n’a toujours pas trouvées satisfaisantes ;

Une calculette ;

Et une feuille blanche intitulée « On en reparle quand ? »

Il prend la feuille.

La regarde.

Puis ajoute : « Apparemment : maintenant. »

Le miroir sourit.

Guillaume referme le classeur.

La rentrée peut commencer.

—

ARNAUD BOUSQUET : AVOCAT DYNAMIQUE, ET HOMME POLITIQUE EN PLEINE INTERROGATION EXISTENTIELLE

Chez Arnaud Bousquet, la rentrée commence pourtant très bien.

Un client.

Un sourire.

Un café.

Une robe d’avocat.

Une énergie débordante.

Bref : tout va bien.

Enfin presque.

Parce qu’au fond de lui, une question demeure.

« Mais qu’est-ce qu’ils sont encore en train de fabriquer ? »

Il ouvre son téléphone.

Un groupe politique départemental en pleine [implosion].

Il ouvre une deuxième conversation.

Désaccord.

Une troisième.

Silence radio.

Il pose le téléphone.

Prend son café.

Regarde la photo posée à côté de son écran.

Sourit.

Puis regarde à nouveau son téléphone.

Et là, autre souvenir douloureux : son ancien stagiaire est devenu maire.

Arnaud ferme les yeux.

Respire.

Il se répète : « C’est la vie. »

Puis : « C’est la politique. »

Puis : « C’était mon stagiaire. »

Il rouvre les yeux.

Non.

Toujours pas digéré.

Pourtant, il refuse de se laisser abattre.

Il enfile sa veste.

Prend son dossier.

Vérifie son agenda.

Et inscrit une nouvelle résolution pour la rentrée : « Rester politiquement clair. »

Il réfléchit.

Ajoute en dessous : « Définir d’abord ce qu’est devenu le groupe. »

Il barre.

Puis écrit : « On verra. »

C’est probablement la résolution la plus réaliste de sa rentrée.

—

SAHEL BERIOUNI-POITEVINEAU : TOUJOURS EN EMBUSCADE

Pendant ce temps, à Pau, Sahel Beriouni-Poitevineau regarde sa nouvelle voiture.

Il tourne autour.

Regarde les pneus.

Regarde le coffre.

Regarde les sièges.

Il ouvre la boîte à gants.

Elle est vide. Spacieuse.

Parfait.

Il y aura de la place pour les dossiers.

Car Sahel a compris depuis longtemps une chose essentielle de la vie politique : une convocation de dernière minute arrive toujours quand on est à 247 kilomètres de Castres.

Les joies du travail pendulaire.

Il faut donc être prêt.

Toujours.

Il a ainsi organisé son véhicule comme une véritable base opérationnelle :

Ordinateur ;

Chargeurs ;

Batterie externe ;

Veste de conseil municipal ;

Chaussures de rechange ;

Sandwich de secours ;

Bouteille d’eau ;

Dossier « au cas où » ;

Dossier « au cas où ils changent encore l’ordre du jour » ;

Depuis Pau, Sahel surveille donc le Sud-Ouest. Mais pas que.

Castres.

Toulouse.

Paris.

Tarbes.

Pau.

Blois.

Avignon.

Bram.

Et quelques endroits dont personne ne comprend encore pourquoi il y était.

Les séquences politiques mystérieuses se sont enchaînées tout l’été.

Une réunion ici.

Une rencontre là.

Une apparition ailleurs.

Une photo.

Une autre photo.

Un train.

Une voiture.

Un conseil.

Un autre conseil.

Personne ne sait exactement où Sahel sera demain. Cela en met certains en transe.

Mais une chose est certaine : s’il reçoit un SMS disant « Conseil municipal dans 40 minutes », il sera probablement là.

Il démarre.

Le moteur ronronne.

Sahel sourit.

La chasse à la convocation peut commencer.

—

XAVIER BORIES : LE ROAD TRIP OU LE RETOUR EN POLITIQUE ?

Chez Xavier Bories, la préparation de rentrée est plus compliquée.

Il hésite.

Sur la table, à gauche, un dossier politique.

À droite, les clés de sa moto.

Il regarde le dossier.

Puis les clés.

Puis le dossier.

Puis les clés.

Il prend le dossier.

L’ouvre.

Le referme.

Prend les clés.

Il consulte une carte.

« Destination : la Creuse du Nord »

Il hésite.

Parce qu’il ne sait pas exactement où commence la Creuse du Nord.

Mais il estime que c’est justement l’intérêt.

Il envisage sérieusement de partir plusieurs mois.

Pas pour fuir.

Pour « prendre du recul ».

Nuance fondamentale.

Il imagine déjà une petite route départementale, un village de 312 habitants, un café, un clocher, aucun conseil municipal pendant six semaines, aucune réunion de groupe à deux personnes, aucune querelle de majorité.

Et aucune conférence de presse. Non pas que cette dernière idée soit difficile à visualiser.

Il met son casque.

Puis l’enlève.

Il regarde la moto.

La moto ne répond pas.

C’est probablement la relation politique la plus saine qu’il ait eue depuis longtemps.

—

ET PUIS, À 17 H 53… LE CROSSOVER

Ils sont tous là.

Florian Azema prend le frais dans la cour intérieure de la mairie.

Guillaume Arcese arrive avec son classeur, la mâchoire carrée.

Arnaud Bousquet raccroche son téléphone.

Sahel Beriouni-Poitevineau reçoit une notification.

Xavier Bories enlève son casque.

Ils se regardent.

Un silence.

Florian demande :

« Comment c’était, pour vous, cet été ? »

Sahel consulte son téléphone.

« Intense. »

Guillaume soupèse son classeur.

« Prometteur. »

Arnaud soupire et répond par une question.

« Et pour toi, Florian ? »

Xavier, lui, met pied à terre.

« Reposant. »

Silence.

Puis le téléphone de Sahel vibre.

Tout le monde se retourne.

Sahel regarde l’écran.

Son visage change.

Florian Azema demande : « Qu’est-ce qu’il y a ? »

Sahel relève la tête et lance un clin d’œil.

« Secret. »

Florian lève les yeux au ciel en respirant lentement, comme pour compter mentalement les secondes.

Xavier coupe le moteur.

Guillaume sort son stylo.

Arnaud rajuste sa veste.

Et, quelque part dans Castres, quelqu’un vient probablement de partager le nouvel ordre du jour.

LA RENTRÉE PEUT COMMENCER.

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Récit évidemment 200 % fictionnel.

En bonus, le calendrier prévisionnel des prochains Conseils Municipaux, fourni par une de nos taupes les plus identifiables, à notre demande.

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