On pensait l’épidémie limitée à Castres.
Erreur.
La maladie castraise vient d’être détectée à Graulhet.
Premier symptôme : tout problème municipal se soigne en deux ans.
Une urgence scolaire ?
Deux ans.
Un chantier qui pose problème ?
Deux ans.
Un problème de sécurité ?
Deux ans.
Une ville qui part en morceaux ?
Bon… deux ans, on va déjà voir.
À Graulhet, les élèves de Crins font donc leur rentrée dans des modulaires. La nouvelle école est annoncée pour 2028.
Deux ans.
Comme à Castres, où l’on commence à avoir l’impression que « deux ans » est devenu le délai réglementaire entre le moment où un problème apparaît et celui où la mairie accepte éventuellement de reconnaître qu’il existe.
Coïncidence ?
Nous, au Sidobre Enchaîné, nous ne sommes pas médecins.
Mais nous avons une hypothèse.
La maladie castraise serait une forme rare de légitimite aiguë post-électorale.
Le patient vient d’être élu.
Il se sent légitime.
Très légitime.
Tellement légitime qu’il découvre progressivement une propriété étonnante du temps municipal : plus on attend, plus les électeurs oublient pourquoi ils étaient énervés.
Alors pourquoi se presser ?
Un problème aujourd’hui ?
On annonce une solution pour dans deux ans.
Une colère aujourd’hui ?
On promet une concertation.
Une école aujourd’hui ?
On explique que le projet est en cours.
Une ville qui se dégrade ?
« Vous verrez, en 2028. »
Et si quelqu’un proteste entre-temps ?
Pas grave.
Il suffit d’attendre.
Car en politique locale, il existe une stratégie particulièrement confortable : le temps long.
Le problème, c’est qu’à force de tout régler dans deux ans, il va bientôt falloir deux ans pour régler les problèmes créés par les deux années précédentes.
Le Sidobre Enchaîné lance donc officiellement une étude scientifique.
Objectif : déterminer pourquoi certaines municipalités semblent avoir découvert que deux ans constituent la durée idéale entre une urgence et une réponse.
Chercheurs, médecins, sociologues, élus concernés et spécialistes du « on verra plus tard » sont invités à témoigner.
Une seule question.
Et si « deux ans » n’était plus un délai… mais une méthode de gouvernement ?
Le Sidobre Enchaîné – laboratoire indépendant de pathologies municipales.


