LE RN CASTRAIS ORGANISE LE BRAQUAGE SOCIAL DE LA DECENNIE

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Mardi soir, au conseil municipal de Castres, Florian Azéma et sa majorité ont sorti la calculette.

Objectif : faire des économies.

Et, comme souvent quand il faut économiser, la calculette a commencé par regarder du côté de ceux qui n’ont pas beaucoup de marge.

Le Planning familial ? Quelques centaines d’euros de moins pour le programme ProDAS, dont le financement municipal ne permettra plus qu’il soit mené correctement. Un dispositif qui intervient notamment dans les écoles Louis-David et Laden et travaille sur les compétences psychosociales, la prévention des violences et les discriminations.

Des territoires sans doute non prioritaires pour le RN castrais.

SOLIDAC ? 25 000 euros d’aide supprimés, selon les chiffres présentés au conseil. Soit la totalité de l’aide de l’année dernière.

Ensemble ? Environ 10 000 euros de moins.

Trois lignes budgétaires. Trois associations qui interviennent précisément là où les difficultés sociales, familiales et personnelles deviennent concrètes : accompagnement, insertion, prévention, vulnérabilité, soutien aux familles. Soutien aux femmes victimes de violence et à leurs enfants.

Mais attention, la majorité a une explication.

L’État a baissé sa participation… de 15 000 euros, selon Florian Azema. Précisément.

De quoi justifier, nous explique-t-on, des arbitrages municipaux. qui aboutissent, rien qu’avec ces seules associations, à une diminution de près de 35 000 euros.

Ah.

C’est pratique, une contrainte budgétaire.

Elle permet de dire qu’on n’a pas vraiment choisi. De se lamenter sur le désengagement de l’Etat.

On a simplement choisi où faire porter la contrainte.

—

Et puis il y a l’autre côté de la calculette.

Dans la même séquence municipale, la Ville accepte également de renoncer à 23 000 euros de pénalités de retard concernant Eiffage, pour le chantier du pont des Soldats, dont le montant dépasse le million d’euros.

Pour les associations : « Il faut faire des économies. »

Pour 23 000 euros de pénalités liées à un grand chantier de plus d’un million d’euros : « Il faut examiner les circonstances. »

C’est une conception très particulière de l’arbitrage budgétaire.

La question n’est évidemment pas de savoir si quelques centaines d’euros, 10 000 euros ou 25 000 euros suffisent à résoudre les problèmes sociaux de Castres.

La question est beaucoup plus simple : qu’est-ce qu’une municipalité considère comme suffisamment important pour préserver quelques milliers d’euros ?

Et qu’est-ce qu’elle considère comme suffisamment négociable pour y renoncer ?

Parce que derrière chaque ligne budgétaire, il y a une réalité.

Le Planning familial, ce sont des actions de prévention.

SOLIDAC, ce sont des personnes en grande détresse accompagnées, parfois un urgence, notamment pour fuir la violence.

« Ensemble », ce sont des dispositifs d’accompagnement social.

Et derrière les pénalités de chantier, il y a… 23 000 euros que la collectivité pouvait réclamer et auxquels elle décide de renoncer.

Pendant ce temps, Castres continue de fonctionner dans un écosystème associatif déjà fragilisé par des années de contraintes budgétaires.

Le RN castrais promettait le retour du « bon sens ».

Mardi soir, le bon sens budgétaire a surtout produit une règle assez simple : quand l’argent manque, certaines solidarités deviennent variables d’ajustement, sans empêcher de faire des cadeaux à des entreprises qui ont déjà récupéré un million d’euros.

Et pendant que les associations apprennent à faire plus avec moins, la Ville démontre qu’il existe encore des dépenses qu’elle peut assumer, des aides qu’elle peut maintenir et des pénalités auxquelles elle peut renoncer.

Entre le Planning familial, SOLIDAC et Ensemble d’un côté, ou EIFFAGE de l’autre, le RN castrais a choisi d’aider EIFFAGE, qui n’avait encaissé qu’un million d’euros, et qui aurait sans doute peiné à payer 23 000 euros de pénalités de retard.

Le RN castrais, qui tente depuis des mois de se donner un vernis social, vient de montrer qu’il pouvait étendre sa solidarité à une entreprise comme EIFFAGE et la retirer à des associations qui font encore tout ce qu’elles peuvent avec peu de moyens.

Finalement, à Castres, le problème n’est peut-être pas seulement de savoir combien coûte la solidarité.

C’est de savoir à qui la municipalité choisit de la destiner.

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