Monsieur le Maire, allez-vous vous excuser pour Carcassonne ?
Florian Azema, vous avez été élu maire de Castres sous l’étiquette du Rassemblement national.
À quelques dizaines de kilomètres de là, une autre ville a elle aussi choisi le RN : Carcassonne.
Et voilà qu’on y découvre un cas pour le moins embarrassant.
Un policier municipal, brigadier-chef, ancien militaire, qui intervenait également au sein du service d’ordre du Rassemblement national.
Pas comme simple spectateur.
Pas comme électeur anonyme.
Comme bénévole investi dans l’organisation du parti.
Et voilà que sa caméra piéton enregistre, lors d’une patrouille, un florilège de propos racistes, misogynes, homophobes, complotistes et antidémocratiques.
Avec, cerise sur le gâteau, un appel à un coup d’État, une dictature et le fantasme d’une intervention russe en France pour venir « tuer les blédards » et s’en prendre aux homosexuels.
Alors, Monsieur Azema : allez-vous vous excuser ?
Pas pour les propos d’un individu que vous ne connaissez probablement pas.
Mais pour ce que cette affaire dit du parti auquel vous appartenez.
—
Un policier chargé de l’ordre… au service d’un parti qui prône l’ordre
Il y a tout de même une petite bizarrerie qu’il serait dommage de laisser passer.
Cet homme est policier municipal.
Son métier : faire respecter la loi et maintenir l’ordre.
Et à ses heures perdues, il participait au service d’ordre de votre propre parti.
C’est donc quelqu’un qui coche, en apparence, beaucoup de cases de l’imaginaire sécuritaire du RN : police, ordre, armée, autorité.
Et pourtant, lorsqu’il pense que personne ne l’écoute, on découvre un discours dans lequel la démocratie semble soudainement beaucoup moins séduisante.
Un coup d’État ?
Indispensable, opéré par l’armée.
Une dictature ?
Au plus vite.
Les Russes venant occuper le pays pendant plusieurs années ?
Une évidence, pour renverser le pays que l’on hait.
Des étrangers à éliminer ?
Les russes le feront en quelques années seulement. Sans doute auront-ils besoin d’aide ?
Des homosexuels à désigner comme ennemis ?
Absolument.
On aurait presque envie de demander à quel moment exactement le mot « patriotisme » a-t-il été remplacé par « collaboration avec la prochaine puissance étrangère disponible » ?
—
« Une minorité », nous dira-t-on
Et nous l’espérons sincèrement.
Nous n’allons évidemment pas prétendre que tous les policiers municipaux de Carcassonne pensent ainsi.
Ce serait absurde.
Mais une question demeure.
Lorsqu’un tel discours apparaît au sein même d’une équipe de policiers en patrouille, quelle est la réaction des collègues ?
Et surtout : quelle a été celle de la hiérarchie ?
Parce qu’une institution ne se juge pas uniquement à la qualité de ses agents.
Elle se juge aussi à sa capacité à écarter ceux qui franchissent les limites.
La vidéo date de novembre 2025.
Elle ressort aujourd’hui.
Et il aura fallu qu’elle fuite pour que l’affaire devienne publique.
Alors, Monsieur Azema : est-ce la pensée qui pose problème, ou seulement le fait qu’elle ait été enregistrée ?
—
Parce qu’il y a tout de même une différence
Si cet homme avait simplement tenu ces propos dans son salon, entre deux verres et trois théories complotistes, nous aurions affaire à un individu aux opinions particulièrement répugnantes.
Mais il est policier.
Et il participait au service d’ordre du RN.
C’est précisément ce qui rend l’affaire intéressante.
Parce que le problème n’est plus uniquement : « Que pense cet homme ? »
Le problème devient : « Qui accepte-t-on de faire entrer dans les structures auxquelles on confie de l’autorité ? »
Et accessoirement : « Que se passe-t-il lorsqu’on découvre ce qu’ils pensent ? »
—
Exclu. Très bien.
Le RN annonce son exclusion.
Très bien.
Mais permettez-nous une dernière question.
Pourquoi maintenant ?
Parce que l’intéressé a changé d’opinion ?
Parce que le parti a découvert soudainement que le racisme, l’appel à la dictature et les fantasmes de violence de masse n’étaient pas compatibles avec son image ?
Ou parce qu’une vidéo est sortie dans la presse ?
La nuance est essentielle.
Parce qu’un parti qui découvre ses propres dérives uniquement lorsqu’elles deviennent publiques ne donne pas exactement le sentiment d’avoir découvert un problème.
Il donne plutôt le sentiment d’avoir découvert un problème de communication.
—
Et maintenant, Monsieur le Maire ?
Vous avez fait de la sécurité l’un des marqueurs essentiels de votre mandat.
Vous voulez renforcer la police municipale.
Davantage d’agents.
Davantage de moyens.
Davantage de présence sur le terrain.
Très bien.
Mais une question se pose désormais avec une certaine urgence : qu’allez-vous renforcer exactement ?
Les effectifs ?
Les équipements ?
Les caméras ?
La formation ?
Le contrôle hiérarchique ?
La déontologie ?
Parce qu’une police municipale renforcée, c’est très bien.
Mais une police municipale renforcée sans garanties renforcées sur ceux qui la composent, cela peut devenir une idée beaucoup moins rassurante.
Et puisqu’il est question de caméras piétons, nous aurons même une suggestion.
Surtout, ne les éteignez pas.
—
Alors, Monsieur Azema ?
Une dernière fois.
Vous appartenez au même parti que celui dont cet homme assurait le service d’ordre.
Vous avez fait de l’ordre et de la sécurité des thèmes centraux de votre politique.
Vous avez aujourd’hui l’occasion de répondre très simplement.
Condamnez-vous sans réserve ?
Vous excusez-vous pour ce que cette affaire révèle du recrutement et de l’environnement militant de votre parti ?
Considérez-vous que de tels profils sont incompatibles avec l’exercice de l’autorité publique ?
Et estimez-vous que l’exclusion n’aurait dû intervenir qu’après la fuite de la vidéo, comme cela a été le cas ?
Ou bien préférez-vous considérer qu’il ne s’agit que d’une brebis galeuse, soigneusement sortie du troupeau maintenant que les caméras ont commencé à tourner ?
Car il y a tout de même une ironie assez extraordinaire dans cette histoire.
Un policier chargé de maintenir l’ordre au sein du RN appelant à la dictature, à l’intervention russe et aux massacres.
À ce stade, Monsieur le Maire, il ne reste peut-être plus qu’une question.
Allez-vous continuer à défendre le parti de l’ordre… ou demander simplement à vos policiers de mieux vérifier qui tient le talkie-walkie ?
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Article évidemment très satirique…


