SILAS SUIT LA PISTE DE CHARTRES A CASTRES

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ENQUÊTE [totalement fictive] DU SIDOBRE ENCHAÎNÉ.

Il y a des coïncidences qui, à force de se répéter, finissent par ressembler à des habitudes.

Silas, notre détective maison, avait commencé par regarder les nouveaux visages de la mairie RN de Castres.

Il est tombé sur Foulques de Lattaignant de Ledinghen, désormais directeur général des services de la ville.

Rien d’extraordinaire, à première vue : un haut fonctionnaire territorial, passé par Chartres, débarqué dans le Tarn pour tenir la boutique administrative.

Alors Silas a regardé Chartres.

Et là, forcément, il a regardé le pèlerinage de Chartres.

Pas parce que tout directeur de cabinet chartrain serait automatiquement un militant traditionaliste. Ce serait aussi grossier qu’inexact.

Mais parce que Chartres n’est pas exactement Lourdes-les-Bains.

Le pèlerinage de Pentecôte de Notre-Dame de Chrétienté est l’un des grands rendez-vous de la mouvance catholique traditionaliste et identitaire française.

Et en remontant son histoire, Silas tombe sur un nom que le Tarn connaît déjà.

Bernard Antony.

Pas un figurant.

Pas un spectateur.

L’un des hommes à l’origine du réseau dont est issu le pèlerinage.

Le Centre Charlier, Bernard Antony, Rémi Fontaine : voilà les racines historiques d’une organisation qui deviendra Notre-Dame de Chrétienté et son immense rassemblement annuel vers Chartres.

Autrement dit, Silas ne découvre pas que Bernard Antony « aimait bien Chartres ».

Il découvre que le réseau d’Antony a participé à fabriquer le Chartres traditionaliste.

Et ce n’est pas un détail lorsqu’on sait que Bernard Antony a également fait une partie essentielle de sa carrière politique à… Castres.

Le voilà donc qui referme une première boucle.

CASTRES → ANTONY → CHARTRES

Mais Silas n’en reste pas là.

Il regarde maintenant la famille de Ledinghen.

Il trouve Nicolas de Lattaignant de Ledinghen, membre de cette même histoire des milieux catholiques traditionalistes. Nicolas de Ledinghen a fait partie de la toute première équipe de direction qui a structuré le pèlerinage de Chartres après son lancement par le Centre Charlier.

LE Centre Henri-et-André-Charlier (CHACH) qui est un organisme culturel et doctrinal majeur de la mouvance catholique traditionaliste et nationaliste française et qui est fondé par… Bernard Antony.

Et surtout, il retrouve Foulques de Lattaignant de Ledinghen, le neveu de Nicolas de Lattaignant de Ledinghen. Foulques n’est pas seulement un technicien du pouvoir, à Chartres. Il est chef de cabinet puis directeur de la communication et de cabinet du maire de Chartres, il gère les affaires sensibles, la communication de crise de la mairie, et verrouille l’écosystème local.

Il s’implique en outre directement dans la structure vivante du pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté. Il y a notamment officié comme chef de chapitre (encadrant le chapitre Saint-Agricol).

D’abord à Chartres, point d’ancrage familial et de pouvoir pour sa famille.

Puis maintenant, à Castres.

Qu’est-ce qui peut bien convaincre un tel profil de venir à Castres, dans une ville récemment conquise à la droite à papa de Pascal Bugis ?

Cette fois, Silas pose son crayon.

Parce qu’il a devant lui une succession de trajectoires qui, prises séparément, ne prouvent évidemment rien.

Mais qui racontent quelque chose lorsqu’elles sont mises côte à côte.

Bernard Antony : Castres → FN historique → Centre Charlier → Chartres.

Foulques de Ledinghen : famille de Ledinghen → Chartres → haute administration municipale ET pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté → Castres.

Et au bout du chemin : mairie RN de Castres, 2026.

Silas se gratte la tête.

Il n’a toujours pas trouvé de société secrète.

Dommage.

Silas regarde alors la carte.

Un trait entre Castres et le Vaucluse.

Un autre entre Castres et Chartres.

Un autre vers les anciens réseaux d’Antony.

Et au milieu, une mairie RN qui vient de renouveler une partie de son appareil administratif.

Silas referme son dossier.

« Bon, dit-il. Maintenant, il faut vérifier qui connaissait qui. »

Parce que c’est là que commence une véritable enquête.

Et parce qu’au Sidobre Enchaîné, on préfère les ramifications documentées aux illuminations.

Castres, pays de Jaurès ?

Allons.

De l’eau a coulé sous le Pont Neuf.

Et visiblement, quelques petits mystères aussi.

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