À la une.
Il fallait tout de même oser.
Partir du drame de Crépol, d’un adolescent tué et d’une qualification judiciaire encore discutée, pour conclure en fanfare à la « fin du tabou » sur le racisme anti-Blancs.
Jusque-là, pourquoi pas. Le racisme ne demande pas la couleur de peau de sa victime. Une victime blanche restera une victime. Et le droit français n’a pas attendu septembre 2026 pour le découvrir, sans le moindre tabou.
Mais M. Archet ne s’arrête pas là.
Dans son petit train éditorial, après la tragédie, le « tabou », la justice courageuse et le sauveur Me Triomphe, arrive tranquillement la gare AGRIF.
Et derrière l’AGRIF, Bernard Antony.
Le Castrais.
Ancien cadre du Front national. Ancien député européen FN. Ancien conseiller municipal de Castres. Figure de la mouvance nationaliste catholique. Fondateur de l’AGRIF.
Et, si l’on en croit les archives de l’époque, admirateur revendiqué de José Antonio Primo de Rivera, fondateur de la Phalange espagnole.
On ne pouvait rêver meilleur parrainage pour une tribune sur l’universalisme.
La Phalange espagnole, pour ceux qui auraient séché le cours d’histoire, n’était pas précisément un club de défense des droits de l’homme avec buvette et concours de belote. Les mains de ses membres sont tâchées de sang des trop nombreuses victimes de leurs crimes.
Quant à la référence à Codreanu, rapportée par le Réseau Voltaire en 1997, elle est encore plus alarmante. Codreanu est le fondateur de la Garde de fer, qui fut un mouvement fasciste roumain violemment antisémite, impliqué dans des assassinats politiques et des violences antisémites majeures, sinistrement renommé pendant la seconde guerre mondiale.
Car le problème n’est pas que l’AGRIF puisse dénoncer des actes racistes.
Le problème est de raconter cette bataille comme si elle avait été menée par de courageux chevaliers surgis de nulle part, sans histoire, sans idéologie et sans bagage politique.
Comme si Bernard Antony était simplement un Castrais égaré dans un dossier judiciaire.
Non.
Il y a une généalogie.
Elle passe par le nationalisme, le catholicisme intégriste, le FN et une certaine conception de l’identité française, qui exclue bien plus qu’elle ne protège.
Libre à chacun de la défendre.
Libre aussi à un éditorialiste de nous expliquer qu’elle représente désormais l’avant-garde de la lutte contre le racisme.
Mais alors, qu’il raconte tout.
Parce que le problème, avec les vieilles casseroles, ce n’est pas qu’elles soient anciennes.
C’est qu’elles font encore du bruit quand on les ressort.
Et cette semaine, dans l’édito de M. Archet, quelqu’un a oublié de mettre le couvercle.
Le Sidobre Enchaîné, 30 septembre 2026.


