SÉNATORIALES DANS LE TARN – Folliot découvre l’indignation, juste à temps

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À quelques jours du scrutin, le sénateur tarnais hausse le ton contre le gouvernement sur les retenues collinaires. Une coïncidence ? Peut-être pas.

SÉNATORIALES. Philippe Folliot n’est pas du genre à laisser une loi dormir tranquillement dans un tiroir ministériel.

Enfin… pas toujours.

Mais à quelques jours du scrutin sénatorial, le sénateur tarnais et candidat à sa propre succession vient de retrouver une énergie parlementaire qui mérite d’être saluée.

Après dix-huit mois de relances infructueuses, Philippe Folliot s’indigne. Profondément. Consterné même. Le gouvernement tarde à publier le décret permettant de simplifier certaines procédures pour les retenues d’eau de moins de 75 000 m³ et, manifestement, cette fois, ça suffit.

« Une forme de désinvolture », dénonce le sénateur.

Une expression forte.

Et surtout parfaitement calibrée pour être entendue par les quelques centaines de personnes qui, dimanche, auront justement le privilège de décider de son avenir politique.

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Le sens du timing

Il ne faudrait évidemment voir dans cette nouvelle offensive aucune considération électorale.

Philippe Folliot a relancé le gouvernement parce qu’il avait relancé le gouvernement.

Et s’il se trouve que cette relance intervient quelques jours avant que 1 153 grands électeurs tarnais ne glissent un bulletin dans une enveloppe, c’est une pure coïncidence républicaine.

Le sénateur réclame donc que le gouvernement applique une loi qu’il a contribué à faire voter.

Et il le fait avec une vigueur renouvelée.

Le gouvernement est « un et indivisible », rappelle-t-il.

Une manière élégante de dire aux ministres de l’Agriculture et de la Transition écologique qu’il ne faudrait quand même pas commencer à se renvoyer la balle maintenant.

Surtout maintenant.

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Folliot n’a plus vraiment besoin de ménager Paris

Il faut dire que le contexte politique a légèrement changé.

Philippe Folliot est candidat à sa propre succession, mais cette fois la partie s’annonce particulièrement encombrée : onze prétendants pour deux sièges.

Et parmi eux, une candidature écologiste.

Ce qui change légèrement la stratégie.

Lorsqu’on espère récupérer quelques voix écologistes, on peut éventuellement choisir ses indignations.

Lorsqu’une candidature écologiste vient vous disputer directement un fauteuil sénatorial, on peut commencer à considérer que le grand électeur écologiste est une espèce électorale probablement déjà perdue.

Dès lors, pourquoi continuer à faire semblant de tenir une position nuancée qui pourrait retenir les uns et les autres ?

Autant donner de la voix.

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« Mes chers ministres, je vous aime beaucoup. Mais pas à ce point-là. »

La situation est délicieuse.

Pendant des années, Philippe Folliot a cultivé une position centriste, raisonnable, constructive, compatible avec différents gouvernements et différentes majorités.

Mais à l’approche du scrutin, la diplomatie laisse progressivement place à une discipline beaucoup plus simple : qui peut me rapporter une voix ?

Et surtout, qui ne peut plus m’en rapporter ?

Le calcul devient alors limpide.

Un grand électeur agricole qui apprécie les retenues collinaires ?

À ménager.

Un élu rural qui considère que Paris ne comprend rien aux problèmes d’eau ?

À écouter attentivement.

Un maire qui trouve les procédures administratives interminables ?

À rassurer.

Un écologiste qui pourrait éventuellement voter pour vous ?

À séduire.

Un écologiste qui a déjà sa propre candidate ?

Bon.

Celui-là, on peut le passer par pertes et profits.

Et le gouvernement ?

On peut même commencer à lui rappeler quelques principes fondamentaux.

Comme celui-ci : une loi, normalement, ça s’applique.

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La grande transformation du sénateur

Le plus admirable reste que Philippe Folliot réussit à cumuler deux qualités contradictoires.

Il est suffisamment proche des réalités gouvernementales pour savoir comment fonctionne un ministère.

Et suffisamment candidat pour expliquer désormais que cela ne peut plus continuer.

Hier : « Il faut travailler avec le gouvernement. »

Aujourd’hui : « Le Gouvernement est un et indivisible ! »

Demain, selon le résultat : « Nous avons toujours été dans une opposition constructive. »

La politique est une affaire de nuances.

Et parfois de calendrier.

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Une retenue peut en cacher une autre

Il reste toutefois un problème de taille.

Dans le Tarn, les retenues collinaires divisent.

Les agriculteurs réclament davantage de stockage.

Les associations environnementales répondent qu’on ne peut pas simplement chercher à stocker toujours davantage d’eau sans adapter les pratiques agricoles.

Sol couvert, haies, agroforesterie, évolution des cultures : le débat est donc légèrement plus compliqué que « retenue = bien » ou « retenue = mal ».

Mais Philippe Folliot, lui, a choisi son camp.

Et il a trouvé un excellent moyen de le rappeler publiquement.

Le sénateur qui veut retenir l’eau refuse désormais de retenir son indignation.

À quelques jours des sénatoriales, voilà une eau qui coule de source.

Reste à savoir si elle entraînera suffisamment de grands électeurs jusqu’à l’isoloir.

Et surtout jusqu’à son bulletin.

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