CASTRES – Florian Azéma s’inscrit dans la vision de Jacques Limouzy… même pour l’eau ?

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CASTRES. Florian Azéma vient de fleurir la tombe de Jacques Limouzy. Un geste symbolique, à l’heure où l’ancien maire bâtisseur aurait eu 100 ans. Et le nouveau maire de Castres ne cache pas son admiration : « Je m’inscris dans la vision qui était celle de Jacques Limouzy. »

Très bien.

Mais dans la vision de Jacques Limouzy, il n’y avait pas que la Borde Basse, le Causse et la rocade. Il y avait aussi… quelques dossiers dont l’héritage est nettement moins facile à célébrer.

Prenons l’eau.

Car Jacques Limouzy, c’est aussi la délégation du service de l’eau à la Lyonnaise des Eaux. Une opération qui, avec le recul, a laissé à la Ville une addition plutôt salée.

Tellement salée que, des années plus tard, son successeur Pascal Bugis a préféré mettre fin au contrat et reprendre la gestion de l’eau en régie.

Avec un petit détail : la sortie du contrat n’a pas exactement été gratuite.

Le Conseil d’État a confirmé en 2012 la condamnation de Castres à verser 32,5 millions d’euros à la Lyonnaise des Eaux.

Trente-deux millions et demi.

Soit plus d’un tiers de la dette totale de la Ville, à l’heure actuelle. Une dette dont la ville ne s’est jamais remise.

Qui explique en grande partie pourquoi la taxe foncière locale atteint le taux stratosphérique de 62% quand la moyenne nationale est à 36%.

À ce niveau-là, ce n’est plus une facture d’eau. Cela en devient abstrait.

Et voilà donc Florian Azéma qui explique aujourd’hui : « Je m’inscris dans la vision qui était celle de Jacques Limouzy. »

On ne demande évidemment pas au nouveau maire de déboulonner la statue de l’ancien.

Mais il faudrait peut-être préciser le périmètre de cette « vision ».

La Borde Basse ? Le Causse ? La rocade ?

Très bien.

Mais la Lyonnaise des Eaux aussi ?

Parce que, dans cette affaire, Pascal Bugis – que personne ne soupçonnera d’être un dangereux révolutionnaire bolchevique – avait tout de même choisi de tourner la page.

Et pour y parvenir, la Ville avait accepté de payer le prix fort.

Alors, M. Azéma, puisque vous revendiquez désormais l’héritage de Jacques Limouzy, une petite question nous brûle les lèvres : quelle partie du bilan préférez-vous exactement ?

La vision du territoire… ou la facture ?

Doit-on envisager une sorte de nouveau coup de génie à venir, de la part de la municipalité RN castraise ?

Le Sidobre Enchaîné, toujours prêt à transmettre le patrimoine.

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