ALERTE INFO : Bernard Carayon se découvre gaulliste. Le Tarn retient son souffle.

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À la une. Bernard Carayon l’affirme : il reste gaulliste. Une déclaration qui intervient après son ralliement à l’UDR d’Éric Ciotti, elle-même alliée au Rassemblement national. Mais attention : aux sénatoriales, le maire de Lavaur est « divers droite ».

Parce que selon le tiroir, les étiquettes changent, osent se montrer, ou restent au placard, en attendant un éventuel « coming out ».

Le gaullisme, donc.

Depuis 1981.

Il fallait manifestement attendre septembre 2026 pour que le concept retrouve toute sa fraîcheur.

Bernard Carayon vient de mettre les points sur les i : il est gaulliste. Et pas depuis hier. Depuis 1981.

On saluera d’abord le sens du tempo.

Se découvrir soudainement l’héritier d’une grande figure de la droite républicaine disparue depuis plusieurs décennies, après avoir quitté une famille politique pour rejoindre une autre structure de droite nettement plus compatible avec les alliances contemporaines, voilà une manière assez personnelle de pratiquer la fidélité historique.

Rappelons tout de même, pour goûter pleinement la saveur particulière de l’affirmation, que le 22 août 1962, au Petit-Clamart, Charles de Gaulle a été la cible d’un attentat organisé par des membres de l’OAS (Organisation armée secrète), organisation clandestine d’extrême droite opposée à l’indépendance de l’Algérie.

Aujourd’hui, se revendiquer du Gaullisme au moment même où l’on s’allie avec les héritiers politiques de cette extrême droite aurait de quoi intimider le plus habile des arracheurs de dents.

Mais cela ne fait pas peur à Bernard Carayon, qui en a vu d’autres.

C’est un peu comme retrouver une vieille photo de famille juste après avoir changé de famille.

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Le gaullisme, édition 2026

Soyons rassurés : Bernard Carayon nous explique que son gaullisme repose toujours sur trois piliers parfaitement d’époque : la souveraineté nationale, l’autorité de l’État et la justice sociale.

On attend désormais avec intérêt les prochaines déclarations de candidature.

Florian Azéma pourrait ainsi prendre la parole : « Moi aussi, je suis républicain. »

Puis, emporté par l’enthousiasme : « Et légaliste. »

Avant de franchir définitivement le Rubicon : « Et pro-IVG, quoi que donne à voir le recrutement de mon Directeur de Cabinet ! »

Il pourrait même ajouter qu’il aime beaucoup les associations, les pièces de théâtre, les politiques de prévention et les quartiers populaires.

Il faut bien laisser une chance au suspense.

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Olivier Fabre entre dans la danse

À Mazamet, Olivier Fabre pourrait lui aussi demander son petit moment de reconnaissance publique.

Après certaines déclarations ayant fait tousser quelques oreilles attentives sur la question de la « mauvaise population », le président de l’Agglomération pourrait sobrement annoncer :

« Moi, je suis inclusif. »

Puis, devant l’insistance des journalistes : « J’accepte tout le monde. »

Et, dans un ultime effort de rassemblement républicain : « Même les mauvaises personnes. »

La politique tarnaise entrerait alors dans une nouvelle ère : celle de la certification publique des qualités revendiquées.

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Le grand marché des vertus politiques

Il ne resterait plus qu’à organiser les prochaines élections sous forme de grand oral.

Chaque candidat tirerait une vertu au sort.

Bernard Carayon : gaulliste.

Florian Azéma : républicain.

Olivier Fabre : inclusif.

Les candidats de gauche pourraient tirer « populaire », « social » ou « écologique ».

Les centristes auraient évidemment « raisonnable ».

Quant au candidat qui tirerait « cohérent », il serait immédiatement éliminé pour concurrence déloyale.

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Le chapiteau est monté

Il faut reconnaître une chose à la politique tarnaise : elle ne manque pas de spectacle.

Les alliances changent, les étiquettes se déplacent, les anciens partis deviennent de nouvelles formations, les nouvelles formations fréquentent les anciennes familles politiques, et chacun vient ensuite expliquer qu’au fond, il est resté exactement le même depuis 1981.

C’est rassurant.

Dans ce grand cirque des sénatoriales, le plus difficile n’est finalement pas de savoir pour qui l’on vote.

C’est de savoir quelle étiquette le candidat portera encore lorsqu’on arrivera au dépouillement.

Alors, messieurs les élus, ne vous arrêtez surtout pas en si bon chemin.

Le public attend la suite.

Et puisque le chapiteau est dressé, qu’attendre de plus qu’un numéro de cirque ?

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