CASTRES : « ON REPREND LE CONTRÔLE ! » – ÉPISODE 47 : CETTE FOIS, C’EST POUR LES POUBELLES

806280544 122118205383321410 69663311282786036 n

Florian Azéma reprend le contrôle.

Encore.

Après l’espace public, les quartiers, les rodéos, les chiens dans les voitures et bientôt, paraît-il, les neurones récalcitrants, le maire RN de Castres vient de dégainer une nouvelle arme absolue : l’arrêté municipal.

Et là, attention, ça ne rigole plus.

Un texte permet désormais aux policiers municipaux d’intervenir pour sauver un animal enfermé dans une voiture en pleine chaleur.

Magnifique.

Sauf qu’à écouter la communication municipale, on pourrait croire que la République attendait Florian Azéma pour découvrir qu’un animal en danger pouvait être secouru.

Le maire explique qu’il fallait « combler un vide juridique ».

Très bien.

Mais surtout, quel formidable outil de communication que de transformer en conquête politique ce qui relève déjà largement des pouvoirs d’intervention et du cadre légal existant.

Et puis il y a les dépôts sauvages.

Là, pour le coup, le message est limpide : on tape au portefeuille.

Jusqu’à 935 euros pour certains dépôts, avec les frais qui s’ajoutent.

On imagine déjà la scène.

— « Monsieur le maire, avons-nous enfin repris le contrôle de l’espace public ? »

— « Pas encore. Il reste un matelas abandonné derrière une poubelle. »

— « Mobilisons la brigade canine ! »

—

La brigade canine : le game changer

Justement.

Nous attendons désormais avec une impatience difficilement contenue l’arrivée de la fameuse brigade canine.

Car cette fois, c’est certain : le chien va tout changer.

Un dépôt sauvage ?

Ouaf.

Une déjection canine ?

Ouaf ouaf.

Un tag ?

Grognement.

Un point de deal ?

Là, on passe directement au niveau supérieur.

Et si le chien ne suffit pas, peut-être faudra-t-il envisager une brigade canine renforcée, puis une brigade canine mobile, puis une brigade canine mobile de nuit, puis pourquoi pas un adjoint chargé de la coordination stratégique des aboiements.

On reprendrait enfin le contrôle.

—

Le problème, c’est qu’il ne reste bientôt plus que ça

Derrière la plaisanterie, le problème est précisément là.

Car à force d’empiler les arrêtés, les sanctions, les « opérations », les dispositifs et les annonces, on finit par se demander où est la politique municipale.

Une politique de la ville, ce n’est pas seulement expliquer combien coûtera le prochain dépôt sauvage.

Ce n’est pas seulement annoncer une caméra supplémentaire.

Ce n’est pas seulement recruter des policiers municipaux.

Ce n’est pas seulement promettre une brigade canine.

Et ce n’est certainement pas répéter à intervalles réguliers que « nous reprenons le contrôle », comme si Castres était une forteresse assiégée qu’un nouveau shérif venait de reconquérir.

C’est aussi prévenir.

Éduquer.

Entretenir.

Éclairer.

Occuper les espaces.

Accompagner les habitants.

Donner des perspectives aux jeunes.

Faire vivre les quartiers.

Traiter les causes autant que les conséquences.

Bref : faire de la politique municipale.

Mais cela prend du temps.

Cela coûte de l’argent.

Cela produit beaucoup moins facilement une vidéo Facebook avec un slogan en lettres capitales.

Alors, en attendant, on verbalise.

On sanctionne.

On communique.

On reprend le contrôle.

Encore.

Et encore.

Jusqu’à ce que même les poubelles aient compris qui était le patron.

Le Sidobre Enchaîné suivra naturellement avec attention la prochaine grande reconquête.

Castres : le maire autorise enfin la police municipale à rappeler aux pigeons qu’ils doivent respecter le mobilier urbain.

On tient quelque chose.

La brigade canine est prête.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut