— Bonjour, nous voudrions manifester contre l’A69.
— Bien sûr. La liberté de manifestation est garantie.
— Super. Sur l’A69, donc…
— Ah non.
— Hein ? À côté alors ?
— Non plus.
— Mais ? À 50 mètres c’est mieux ?
— Toujours pas.
— 200 mètres ?
— Hm hm.
— Bon. Où peut-on manifester ?
— On va continuer à tenir des discussions informelles avec vous pour rechercher un parcours consensuel.
— C’est-à-dire ?
— Un endroit où vous pourrez manifester contre l’autoroute sans être trop près de l’autoroute.
— Et si on veut quand même aller sur l’autoroute ?
— C’est interdit.
— Et si on veut aller juste à côté ?
— Interdit aussi.
— Et si on veut seulement regarder l’autoroute en manifestant ?
— 200 mètres.
— Et si on prend une photo ?
— Ça dépend. Vous avez fait signer un formulaire RGPD au bitume ?
Le préfet souhaite donc permettre l’exercice de la liberté de manifestation et l’expression des revendications contre l’A69.
À condition que les revendications restent suffisamment loin de l’A69 pour ne surtout pas risquer de la déranger.
La préfecture rappelle par ailleurs que les échanges avec les organisateurs sont « informels ».
Parce qu’en France, même quand on vous interdit d’aller quelque part, il faut savoir le faire avec convivialité.
Prochaine étape : manifester contre l’A69 à Bordeaux.
Départ en train recommandé.
Pour des raisons de sécurité, évidemment.
– Le Sidobre Enchaîné


