Marie-Lise Housseau repart donc à la conquête du Sénat avec un argument imparable : son expérience.
Et surtout la promesse de faire davantage pour les territoires ruraux.
Davantage ?
Pardon, mais ça soulève une petite question.
Elle en avait gardé sous la pédale ?
Parce que si le premier mandat n’était finalement qu’un échauffement, on comprend mieux le concept de candidature sortante : on commence doucement, on observe, on prend ses marques… et si les grands électeurs reconduisent, on passe enfin aux choses sérieuses.
À moins, bien sûr, que « davantage » soit simplement le mot poli pour dire : « maintenant que je connais le poste, je vais pouvoir en faire plus ».
Ce qui est une façon assez élégante de reconnaître que le rodage a duré un mandat.
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Autre promesse : défendre le stockage de l’eau et les retenues collinaires.
Très bien.
Mais lorsqu’on parle de défendre la production française, on aimerait presque entendre un petit mot sur le Mercosur.
Parce que vanter le terroir, l’agriculture française et les territoires ruraux tout en appartenant à une famille politique qui peut soutenir un accord commercial aussi contesté par une partie du monde agricole, c’est un peu comme organiser un concours de cassoulet avec une fiche recette intitulée :
« Haricots importés, mais identité locale. »
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Et puis il y a cette magnifique démonstration de l’utilité du Sénat :
« Heureusement qu’il y avait le Sénat. »
Pourquoi ?
Parce qu’il a permis de voter des budgets de droite.
Voilà donc une nouvelle définition de la chambre haute : le lieu où l’on vérifie que la droite a bien eu son budget.
Les amateurs de changement peuvent donc être rassurés.
Tout est prévu.
Une candidate sortante.
Un programme largement fondé sur son expérience passée.
La promesse de faire davantage demain.
Des retenues collinaires.
De la production française.
Et un Sénat qui sert notamment à corriger les excès de l’Assemblée…
Bref : surtout, ne changeons rien.
Sauf peut-être le bulletin de vote.
Enfin, si vous êtes amateur de changement.


