Pierre Lapelerie ferait en ce moment même l’objet d’une procédure de licenciement… Une plainte pénale serait dans les tuyaux. Et nous découvrons avec émotion que, parfois, les tuyaux finissent par parler.
Il faut savoir saluer le travail des contre-pouvoirs.
Hier, le Sidobre Enchaîné posait des questions.
Aujourd’hui, Le Journal d’Ici apporte des réponses.
Enfin… des éléments.
Enfin… des informations.
Enfin… surtout des conditionnels.
Mais qu’importe : la presse sérieuse est là.
Et nous, aimables dilettantes de canard satirique local, nous pouvons enfin ranger notre calepin.
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Un jour de retard, mais pas forcément une goutte de trop
Nous nous interrogions hier sur une rumeur persistante : Pierre Lapelerie, directeur de la SPL Eaux de Castres-Burlats, aurait été mis à pied.
Nous avions donc fait ce que font normalement les journalistes quand une rumeur circule : nous avions cherché à vérifier.
Nous n’avions trouvé aucune confirmation officielle.
Et puis, ce matin, miracle journalistique.
Le Journal d’Ici nous apprend que Pierre Lapelerie ferait désormais l’objet d’une procédure de licenciement pour faute grave et insuffisance professionnelle.
Qu’une plainte pénale serait également envisagée.
Que la Communauté d’agglomération pourrait faire de même.
Et qu’un rapport provisoire de la Chambre régionale des comptes consacré à la SPL aurait encore beaucoup de choses à raconter.
Tout cela est évidemment beaucoup plus intéressant que notre petite question de la veille.
Et nous le disons sans ironie excessive : merci.
Vraiment.
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Le Sidobre Enchaîné : 1 — Le Journal d’Ici : 1
Il faut donc rendre à César ce qui appartient à César.
Nous avions demandé : « Monsieur Azéma, que se passe-t-il dans cette SPL ? »
Le Journal d’Ici répond aujourd’hui : « Apparemment, beaucoup de choses. »
Nous avions demandé : « Pierre Lapelerie est-il toujours directeur ? »
Le Journal d’Ici nous répond : « Il serait surtout en train de devenir l’ancien directeur. »
Nous avions demandé : « Y a-t-il une procédure ? »
Le Journal d’Ici nous répond : « Oui. » Enfin… « ferait l’objet ».
Ce qui, juridiquement, est évidemment très différent.
Et c’est précisément ce qui nous plaît.
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Le royaume du conditionnel
Car il faut admirer le travail de précision lexicale.
Pierre Lapelerie « ferait l’objet » d’une procédure.
Florian Azéma « s’apprêterait » à déposer une plainte.
La Communauté d’agglomération « envisagerait » la même démarche.
Le rapport provisoire « pointerait » des irrégularités.
Ses conclusions « seraient particulièrement vitriolées ».
Nous sommes donc face à une histoire où presque tout est au conditionnel.
Mais une chose est certaine : il y a désormais suffisamment de fumée pour que quelqu’un ait intérêt à vérifier où se trouve le feu.
Et ça, c’est précisément le travail de la presse.
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De la rumeur à l’information : voilà ce qui nous intéresse
Le Sidobre Enchaîné n’a aucun intérêt à transformer une rumeur en vérité.
Une rumeur disant « Lapelerie a été viré » n’est pas une information.
Une procédure de licenciement documentée, une plainte effectivement déposée, un rapport de la CRC, des décisions de conseil d’administration, des actes administratifs : ça, ce sont des choses que l’on peut regarder, recouper et confronter.
Et c’est beaucoup plus intéressant.
Parce que derrière le feuilleton Lapelerie, il y a une vraie question de service public :
Qui dirigeait quoi ?
Avec quelle rémunération ?
Avec quels avantages ?
Avec quelles procédures ?
Et avec quel contrôle ?
La CRC s’était déjà intéressée au précédent montage.
Un nouveau rapport provisoire concernant directement la SPL serait désormais sur la table.
Alors plutôt que de spéculer, nous attendrons les documents.
Et nous les lirons.
Lentement.
Très lentement.
Avec une loupe si nécessaire.
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Et l’eau dans tout ça ?
Parce qu’il ne faudrait quand même pas que l’on oublie le principal.
L’eau potable.
Cet été, en pleine période de chaleur, une panne importante a perturbé l’alimentation de plusieurs secteurs de Castres.
Des habitants ont connu des coupures, une pression insuffisante ou une eau anormalement colorée.
La Ville a distribué des bouteilles.
Et pendant ce temps, nous avions une SPL dont la gouvernance semblait évoluer et dont le directeur faisait l’objet de rumeurs.
Aujourd’hui, Le Journal d’Ici nous apprend qu’une procédure de licenciement serait engagée.
Très bien.
Mais maintenant, on veut la suite du tuyau.
Quelle était précisément la cause de l’incident de cet été ?
Quelles installations ont été touchées ?
Quel a été le calendrier exact ?
Quelles mesures correctives ont été prises ?
Et surtout, qui est aujourd’hui responsable de quoi ?
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Quant à Monsieur Archet…
Pierre Archet, directeur du Journal d’Ici, nous ferait presque rougir.
Un jour après nos interrogations, il publie son enquête.
Enfin, le résultat de son coup de fil à M. Azema.
Cela vaut presque comme une enquête, à ce stade, même si le nouveau maire RN de Castres a surtout botté en touche.
Alors, évidemment, certains esprits mal intentionnés pourraient imaginer que le directeur du Journal d’Ici lit le Sidobre Enchaîné.
Nous ne le croirons pas.
Nous ne voulons pas le croire.
Nous préférons imaginer une coïncidence journalistique parfaitement fortuite.
Une sorte de miracle éditorial.
Une convergence des tuyaux.
Une synchronicité médiatique.
Et puis, franchement, si le Journal d’Ici nous lit… qu’il continue.
Nous aussi, nous lisons le Journal d’Ici, qui nous offre régulièrement, en bien ou en mal, du matériau pour nos publications.
Ce n’est qu’un juste retour des choses.
Parce qu’un territoire où plusieurs médias cherchent les mêmes informations, recoupent les mêmes documents et se surveillent gentiment les uns les autres est probablement un territoire où la démocratie locale respire encore.
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Alors oui, le Sidobre Enchaîné encourage la presse sérieuse.
Même lorsqu’elle arrive avec un petit jour de retard.
Même lorsqu’elle nous oblige à ranger une chronique déjà écrite.
Même lorsqu’elle nous apprend qu’il y avait manifestement davantage dans les tuyaux que ce que nous avions imaginé.
Continuez à enquêter, Monsieur Archet. Ou à appeler directement M. le Maire.
Nous continuerons à poser les questions.
A gratter un peu partout. Ne serait-ce que pour de temps en temps sortir l’info les premiers.
Et si, de temps en temps, nos questions vous donnent envie d’aller chercher les réponses… eh bien.
Le Sidobre Enchaîné aura fait œuvre utile.
Et maintenant, vivement novembre.
Parce que le rapport définitif de la Chambre régionale des comptes, lui, ne sera probablement pas écrit au conditionnel.


