A69 : Azéma ouvre déjà le parapluie

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CASTRES. L’A69 n’est même pas encore ouverte que Florian Azéma semble déjà préparer les Castrais à… l’après.

Interrogé sur l’anticipation économique de l’arrivée de l’autoroute, le nouveau maire RN est formel : il était et reste favorable à l’A69. Pour le désenclavement, bien sûr. Mais aussi parce qu’elle devrait, selon lui, « attirer une économie », être « pourvoyeuse d’emplois » et attirer des familles.

Jusque-là, tout va bien.

Sauf qu’après avoir expliqué ce que l’A69 va apporter, Florian Azéma explique surtout ce qu’il aurait fallu faire avant qu’elle arrive.

« Si j’avais été aux affaires », précise-t-il, il aurait procédé, avec la Chambre de commerce et d’industrie et les industriels, à un recensement des activités que le territoire aurait pu accueillir.

Ah.

Donc, si l’on comprend bien, l’autoroute arrive dans un peu plus d’un mois, mais on n’aurait pas encore vraiment recensé les activités susceptibles de profiter de cette magnifique nouvelle connexion au monde.

Voilà qui est rassurant.

Depuis des années, l’A69 nous est présentée comme un formidable accélérateur économique. Elle devait désenclaver, attirer des entreprises, créer des emplois, faire venir des familles et, accessoirement, changer le destin du Sud-Tarn.

Et maintenant que l’échéance approche, on découvre qu’il aurait peut-être été utile de réfléchir à ce qu’on allait mettre au bout de l’autoroute.

C’est un peu comme construire une gare avant de se demander quels trains vont s’y arrêter.

Mais Florian Azéma n’a probablement pas voulu dire que rien n’avait été anticipé. Il le précise d’ailleurs lui-même.

Simplement, il aurait fait autrement.

S’il avait été aux affaires.

Une petite formule qui a décidément beaucoup de potentiel.

Car si, dans quelques années, les entreprises ne se bousculent pas au portillon, si les emplois promis tardent à apparaître et si les familles ne se précipitent pas exactement par milliers sur Castres, nous savons déjà qu’il faudra regarder du côté de l’ancien monde.

Et notamment de Pascal Bugis.

On connaît la chanson : « Si j’avais été aux affaires… »

Le problème, c’est que Florian Azéma est désormais aux affaires.

Et que l’A69 arrive.

Alors, forcément, au Sidobre Enchaîné, nous sommes sensibles à cette prudence nouvelle.

Après avoir longtemps vendu l’autoroute comme une promesse, il serait peut-être temps de commencer à préparer le service après-vente.

Car une chose est certaine : si l’A69 devient le formidable moteur économique annoncé, Florian Azéma pourra toujours expliquer qu’il l’avait prédit.

Et si elle ne produit pas les miracles promis ?

Eh bien…

Il avait déjà expliqué qu’il aurait fallu mieux anticiper.

Quel sens du timing.

Au Sidobre Enchaîné, on aime les plats généreux, cuisinés avec sincérité et talent.

Mais les éléments de langage réchauffés qui sentent les aigreurs d’estomac et la prudence hypocrite, beaucoup moins.

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